Jeudi 15 mai 2008

Je ne sais pas pourquoi j’aime cette chanson de Matmatah mais je l’aime. Peut-être parce que même sans alcool, on peut regretter d’avoir été si nulle partout et puis d’avoir foutu en miettes toute une histoire et puis nous.

 

Pas de commentaire.


"On m'a jeté d'la camionnette
Sur le parvis devant chez nous
Et m'abandonnant aux pâquerettes
Je m'souviens plus de rien du tout
Ni de l'état de ma braguette
Et d'ce qu'elle ne cache plus du tout
Ni de sa soirée porte ouverte
Pour impatientes sans rendez-vous

{Refrain}

Si j'te retrouve à l'aveuglette
C'est que je t'aime quand même beaucoup
Peut-être moins que cette piquette
Qui m'raccompagne bras dessus, bras dessous
D'avoir trop aimé faire la fête
J'ai remis les compteurs à zéro
Et puis , il n'y a pas qu'en levrette
Que j'fais des choses derrière ton dos
J'm'appelle pas non plus Don Diego
De Las Vegas jusqu'à Spezet
J'ai eu beau faire tous les tripots
Il y a ce moment où je regrette

{Refrain}

Et je regrette, dieu je regrette
D'avoir été si nul partout
Et puis d'avoir foutu en miettes
Mes 6 derniers points, et puis nous
Si j'te retrouve à l'aveuglette
C'est que je t'aime quand même beaucoup
Peut-être moins que cette piquette
Mais certainement plus que tout .


J'aurais bien aimé vous offrir les sons avec les mots mais pour ça aussi je suis nulle : je ne sais pas faire.

 

par Ma Cocotte publié dans : Vu, lu, entendu... communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 15 mai 2008

Bazar de semoule, ça, ça m’énerve !!! Mais ça m’énerve !!!!

 

C’est la question qui tue du moment. Tiens, pas plus tard que ce matin, au troquet du bout de la rue… et vlan : pour ma pomme.

A la pause café, au taff, entre la grève des fonctionnaires, des étudiants et puis l’augmentation du prix du pain… Et vlan !!! Encore !!!

Tout à l’heure, au supermarché, je croise une connaissance. Bla bla bla et vlan !!!!

 

La question qui tue !

 

« Et toi tu fais quoi pour les vacances ? »


La suite sur le site Epidemik.

par Ma Cocotte publié dans : Ma Cocotte communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 15 mai 2008

Nouvelle écrite pour Les Impromptus littéraires

 

 

 Thème : décalage horaire.

 

Dans la vie de Laurette, il y a parfois des coupures, des arrêts, des pauses, des escales improbables. Laurette est une jeune femme posée aux chemisiers à dentelles parfaitement bien repassés. De délicats bijoux rehaussent l’impression générale d’une jeune femme féminine et douce. Son physique la sert à ravir : sa constitution, de prime abord délicate, ses membres déliés et sa démarche fluide lui attirent naturellement la sympathie. Elle fait penser à la belette dans ce qu’elle a de plus doux, ou à l’agneau sacrificiel auquel on meurt d’envie de porter secours.

Bref, Laurette plaît. Elle fait l’unanimité. Les vieux, les jeunes, les grincheux et les béni-oui-oui, les timides et les dragueurs, tout le monde s’intéresse à Laurette. Certes, tout le monde l’oublie vite également car Laurette n’est pas une séductrice, non. Laurette possède juste ce don naturel d’attirer les sourires bienveillants.

 

Parfois, ça lui pèse, à Laurette. Grave. Alors elle l’exprime sur ces blogs qu’elle a créés voilà déjà bien des mois. Plusieurs blogs. Un par personnalité. Quand elle y pense, au travail, elle sourit niaisement comme une enfant qui sourirait en attendant les effets de ses facéties.

 

Sur un blog, une vamp se vantant de ses prouesses sexuelles. Sur un autre, une intello dévoreuse de livres. Sur celui-ci, un homme célibataire et solitaire. Sur celui-là, une mère de famille. Laurette, la fade, l’inodore et l’incolore, celle qu’on oublie sitôt qu’on lui a souri, Laurette triche, joue, ment et s’invente des vies. Elle a commencé il y a longtemps, sur un jeu de rôle. Happée par le jeu de la représentation, enfermée par le carcan des limites de ce jeu, elle a développé le concept et l’a appliqué à des rôles sans limite, comme si c’était pour de vrai, en créant ces blogs. De temps en temps, Laurette rejoint les amis qu’elle a rencontrés grâce à ce premier jeu. Elle les rejoint au loin, pour une improbable escale où enfin elle peut tomber les masques.

Elle n’est plus la jeune femme sérieuse et laborieuse, ni l’une de ces personnalités multiples qu’elle s’est inventées.

Non. Laurette enfile un jean, un T-shirt, ses baskets et roule carrosse, elle rejoint la meute. Un groupe d’hommes et de femmes plus ou moins jeunes ayant tissé au fil du temps une relation complexe d’amitié à distance. Le samedi, elle grimpe dans sa voiture pour ne revenir que le dimanche.

 

Cette fois-ci, elle est hébergée par un ami dont le pseudo sur Internet est 99. 99 est un homme « normal ». Comme elle. Il a un travail, une vie sociale mais lui, en plus, a une vie amoureuse. Ils sont déjà tous arrivés quand Laurette débarque. Ils la taquinent. Le groupe est si hétéroclite : des jeunes, des moins jeunes, des socialement arrivés, des socialement jamais partis, des étudiants, des chômeurs.

Deux choses les lient : l’Internet et les voyages immobiles. L’Internet où ils se sont rencontrés. Ce jeu en commun où ils passent parfois des heures, des nuits pour certains.

 

Mais là, ils sont tous ensemble. C’est l’auberge espagnole. Tout le monde apporte quelque chose, mais il faut avouer qu’il s’agit presque toujours de vin, d’alcools forts et de chips, alimentation principale du week-end à venir.

 

L’un d’eux ouvre une boîte et la porte sous le nez de Laurette : « Fabrication artisanale… tu vas m’en dire des nouvelles. » Le parfum jaillit à ses narines, brutal, intense. C’est un parfum végétal comme un extrait, un concentré d’herbe. Une odeur forte, entêtante, qui imprègne autant les narines que l’esprit. Rien qu’à l’odeur, on devine la pureté et la densité de l’herbe.

 

99 sourit. Pour lui aussi, c’est l’improbable escale. Cela fait longtemps qu’il s’est calmé à ce sujet. Problèmes de concentration, de motivation pour son boulot. Il a fait un choix. Comme Laurette, de temps en temps, il se replonge avec délice dans le souvenir de ses années de flottement, comme il les appelle. Laurette, elle, n’avait jamais connu ça avant.

99 prend trois feuilles et les assemble, bien aplaties sur le rebord de la table où s’entassent les bouteilles d’alcool, le cendrier déjà plein et les petites cochonneries à grignoter. Il y dispose une partie du contenu de la jolie boîte puis roule la cigarette oblongue au ventre renflé.

Laurette a l’honneur de l’allumage. Ses yeux s’illuminent de malice, consciente que c’est interdit, illégal, « trash », comme on dit. « Ce n’est pas bien, ça, Laurette !!! Mais qu’est-ce qu’elle dirait, ta maman, si elle te voyait ? »

 

La première bouffée a manqué la faire tousser. C’est comme du tabac très fort qu’on fumerait à s’en faire exploser les poumons. L’odeur est tenace, intense, aiguë et envahit son cerveau, s’immisçant en elle, parcourant chacun de ses nerfs. C’est toujours aussi soudain, aussi rapide. Sa tête semble lui peser lourd, elle a tendance à vouloir toujours pencher sur le côté. Ses yeux lui donnent l’impression parfois de vouloir sortir de leurs orbites. Elle sait que si elle se lève, elle vacillera. Rien de bien méchant. Aucun éléphant rose ne traverse la pièce.

Juste ce flottement. Cette sensation de bouger immobile. Les conversations vont bon train. Certains d’entre eux maîtrisent si bien la pratique qu’au début ça ne leur fait rien. Laurette flotte, sourit. Parfois, elle a soif alors elle boit. Parfois, elle a sommeil alors elle dort. Parfois, elle a faim alors elle mange. Parfois, elle parle avec les autres, parfois non. Elle n’a pas envie de bouger. Lovée dans le canapé, elle se sent bien, dans la ouate, baignée de cette amitié qui l’entoure.

 

Elle ne songe plus à rien. Elle flotte. Ici, c’est un autre monde, un monde auquel elle n’appartient pas. Une terre sauvage dans laquelle elle se permet une incursion. Une improbable escale. Rien ne peut lui arriver, tout s’écoule, fluide, tranquille. Le temps n’existe plus, les impératifs s’amollissent et disparaissent au loin, les obligations n’ont plus d’urgence. Tout est lent, tout est mou, tout est tranquille.

Le temps ne s’écoule plus non plus. Laurette sourit en observant la pendulette. Elle la surveille depuis un moment déjà. Les aiguilles aussi sont immobiles. Tiens… mais où est passé 99 ?

 

Laurette sent une petite piqûre lui traverser l’esprit. Une petite sueur froide rafraîchir sa nuque. Le doute. A-t-elle beaucoup dormi ? Quel jour on est ?

 

« Euh… Il est où 99 ???

- Bin, parti bosser !!!

- Mais on est dimanche, voyons.

- Ah non, poulette, on est lundi, là et il est 10 heures. Faut dire que t’y es pas allée de main morte et puis t’as pioncé dur, ma belle. Heureusement que t’es en congé.

- Mais je ne suis PAS en congé… !!! »

 

Le stress, l’angoisse, la peur lui nouent les tripes. Comment elle a pu faire ça ??? Comment elle a pu laisser passer une journée ainsi ???

 

« Mais qu’est-ce que je vais leur dire et comment je vais justifier ça ? J’en ai pour au moins deux heures de route…

- Bin… T’as qu’à leur dire que ton mec t’a emmené en voyage surprise sur une île lointaine et que t’es en plein décalage horaire. T’inquiète, poulette, vu ta tête, tu seras crédible !!! »

 

Le fou rire en cascade de ce garçon qu’elle ne connaît pas la poursuivra longtemps… longtemps…

 

(c) Coquecigrues-billevesées. Si vous souhaitez utiliser ce poème, contactez-moi par commentaire, merci (ou au moins citez mon blog :)).

 

par Ma Cocotte publié dans : Nouvelles communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 15 mai 2008

« À la mi-Mai, queue de l'hiver. »

Denise (lat. Dyonysia), Sainte, martyre à Lampsaque en Turquie ( 250).

Vierge, martyre avec ses compagnons les saints Pierre, André et Paul. Au proconsul qui l'invitait à sacrifier à la déesse Vénus, Pierre répliqua : »Il est plus nécessaire et plus glorieux pour moi d'offrir le sacrifice de l'adoration au Dieu vivant et véritable. » Denise apprenant que l'un des accusés, Nicomaque, venait d'apostasier, s'écria : »Il s'est perdu à jamais dans l'autre monde. » Les gardes s'aperçurent ainsi que cette jeune fille de 16 ans était chrétienne. Elle fut arrêtée, torturée puis décapitée.

« A la Sainte Denise, le froid n'en fait plus à sa guise. »

« A la sainte Denise s’arrête la bise. »

 

 

(Ill. Sainte Denise et son fils par J. Callot v. 1630, in collection.aucklandartgallery.govt.nz).

 

André Abellon, Bienheureux, frère prêcheur (Saint-Maximin, 1375 - Aix, 1449 ou 1450).

Peintre de talent, théologien, orateur, réformateur dominicain du monastère Sainte Marie-Madeleine de Saint Maximin, il restaura la discipline régulière dans les couvents où il fut envoyé, montrant de la générosité pour les autres et de l’austérité pour lui-même. Vénéré à Aix-en-Provence.

Représenté en habit de l’ordre dominicain.

Attribut : palette de peintre.

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Mercredi 14 mai 2008

Ecrit pour « Les Equipières » (http://lequipedechoc.over-blog.com/)

 

Thème : La lettre noire. Ecrire une lettre de mépris, de haine et sa réponse…

 

« Paris, le mercredi 7 mai 2008.

 

L’orage a éclaté alors qu’on était sur msn. Ce que tu me disais m’a mise tellement en colère.

Mais comment ont-ils pu ???

Argh, j’en ai oublié d’éteindre le PC et il m’a claqué dans les doigts. Alors je prends la plume. Tellement longtemps que je n’avais pas écrit de lettre.

Bon, ne te laisse pas faire !!! Tu ne dois pas céder. C’est pas à 30 ans qu’on cède. Accroche-toi. Je n’en peux plus de rage. Si tu savais comme je les vomis. Oui, je suis conne, je sais que tu sais.

Comment peuvent-ils oser réclamer à voir ta petite, qui est ma nièce ??? T’es pas seul, je suis là. Purée, j’ai envie de prendre ma caisse et d’aller lui éclater la tronche. Mais pourquoi il est encore en vie ? Hein ? Pourquoi ? Pourquoi ce salaud respire encore avec tout le mal qu’il a fait. Et elle, avec ses airs de victime innocente qui subit alors qu’elle vaut autant que lui, qu’elle mérite la palme de la manipulation, du chantage affectif, saleté d’araignée qui tisse sa toile.

Purée ça soulage. Il faut que ça sorte sinon ma colère va m’étouffer. Je les vomis et je ne veux pas m’étouffer avec.

T’inquiètes pas, on ne va pas se laisser faire. On va leur faire un procès et on dira tout. Moi je vais tout balancer. De toutes façons, j’en peux plus. C’est pas juste qu’il vive encore, qu’il ne lui soit jamais rien arrivé. Non, c’est pas juste. Et personne qui fait rien, qui fait jamais rien. Et tous ces gens qui te disent quand tu frôles le sujet du bout des lèvres : « Heureusement aujourd’hui, ça a changé. »  Mon cul !!!! Rien n’a changé. L’autre jour, j’étais en ville, j’ai vu un père donner des coups de pieds au cul de son fils en lui hurlant dessus des insanités. En face, une terrasse de café. Derrière le père, la petite sœur pleurait. A la terrasse, ils n’ont pas levé le petit doigt. Tous des lâches qui refusent de voir. Tous des aveugles que la cécité arrangent. Je voyais leurs regards dire : « Après tout, c’est sûrement un sale gosse, si ça se trouve, il la mérite, sa correction. »

Bin, voyons. J’y suis allée, moi. J’ai brandi mon téléphone portable et j’ai hurlé : « Tu touches encore à ce gosse et j’appelle les flics. T’entends ? Et s’il te plaît, vas-y, défoule-toi sur moi, vas-y, frappe-moi comme ça je te ferai mettre en taule et tes enfants seront débarrassés de leur pourriture de père. » Il a nié. Gêné. Oui. Gêné. Il a tenté la colère mais bizarre, il n’a pas insisté.

Je me suis calmée. C’en est un, tu sais. Il s’est oublié mais dès qu’il a compris qu’il y avait des yeux sur lui, il est devenu gentil, trop gentil… il a pris ses enfants à partie pour qu’ils disculpent leur père. J’ai dit aux petits où je travaille. Y a plein d’enfants qui viennent là. Je leur ai dit, en regardant leur père droit dans les yeux, que maintenant je savais et que s’ils venaient me voir, moi, je les croirais et moi, je ferai quelque chose pour eux.

Je les hais, je les vomis. Je n’ai plus peur, tu sais. Ce ne sont pas des parents, rien que des bourreaux. Jamais je n’aurai d’enfant. Jamais. Je t’admire, tu sais, d’avoir ce courage-là. Je suis sûre que je suis comme lui et que du jour au lendemain, je peux basculer dans le monde des bourreaux. Quand je pense que son sang coule dans mes veines, je voudrais mourir. Jamais je n’aurai de gosses. Jamais. Plutôt crever.

Y a pas de justice en ce monde. Non. Je n’ose pas imaginer le nombre de bourreaux d’enfants qui s’en sortent sans que personne ne dise rien. Personne ne fait rien. Combien en ce moment même pleurent ? Dis ?

Ne t’inquiète pas. Ce papier de leur avocat, ça ne fait rien. Ils ne peuvent pas réclamer l’exercice de leurs droits grands-parentaux. On ne va pas laisser faire ça. J’ai tellement la haine. Je voudrais vraiment le voir crever. Je te jure, je n’habiterais pas si loin, je monterais et je lui ferais son affaire. Je voudrais qu’il souffre autant qu’on a souffert. Vrai, je boirai le champagne le jour où ils seront morts, ces deux-là.

Bon, faut que je retourne au boulot. A bientôt. Je t’embrasse très fort. Je suis tellement heureuse de t’avoir retrouvé. »

 

« Marseille, le mercredi 14 mai 2008.

 

Ma chère sœur,

Ta lettre m’a laissée dans le plus grand des embarras. Encore une fois, malgré tous mes conseils, ta nature exaltée t’entraîne bien loin des rivages de la raison. Le passé est le passé. Tu n’y pourras rien changer. Cette façon aussi que tu as de tout dramatiser. Regarde, nous avons aujourd’hui tous les deux réussi. Toi, évidemment, à ta façon mais tu as réussi. Une situation stable, un salaire tous les mois. C’est une grande chance, tu sais. Bien sûr, tu es restée rêveuse, bohême et je ne peux t’en tenir rigueur. Il faut toujours que tu extériorises, que tu scénarises ta vie. C’est ainsi.

Pour ma part, j’ai construit la mienne loin de tout cela. Je ne veux plus en entendre parler. De plus, nul ici n’est au courant de notre histoire. Histoire somme toute banale, au demeurant. Allez… nous ne sommes pas les seuls à avoir entendu crier à la maison. Certes, la politesse n’était pas de mise. D’ailleurs, à ce propos, je qualifierais de « plus que grossière » ta façon de t’exprimer dans ce courrier. J’espère que tu n’es pas coutumière de cela.

Si j’ai repris contact après tant d’année, ce n’est pas, comme tu semblais le croire sur MSN avant que notre conversation ne s’interrompe brutalement, ce n’est pas pour renouer des liens familiaux. Ma famille est ici, loin de vous tous, avec mon épouse et ma fille.

Je souhaitais juste t’informer que j’avais fait le nécessaire d’un point de vue juridique. Je prends tous les frais à ma charge. Même si tu as une situation correcte, cela représente une très grosse somme d’argent. C’est préférable ainsi. J’ai rencontré les personnes qu’il faut, ne t’inquiète pas. Ils n’auront aucun droit sur mon enfant. Tout est sous contrôle.

En revanche, tu m’inquiètes. Tu devrais peut-être songer à suivre une thérapie. Cette obsession que tu as de ton enfance, qui, j’aimerais que tu finisses par l’accepter, ne fut pas si terrible, quoi que tu en dises. Tu devrais faire comme moi, oublier tout cela et travailler dur pour protéger tes futurs enfants des soucis matériels.

Quant à venir nous rendre visite, je ne crois pas que ce soit une très bonne idée. Cela t’occasionnerait une dépense importante et inutile. De plus, nous n’avons pas de chambre d’amis et tu devrais dormir à l’hôtel. Je crains fort également que tu ne te plaises pas avec mon épouse et nos amis. Pas du tout ton style.

Voilà, je me devais de t’informer de l’évolution de la situation juridique en rapport avec les exigences un peu exagérées de nos parents. J’obtiendrai la même restriction de droits grands-parentaux envers ton éventuelle descendance. A cet effet, j’ai communiqué tes coordonnées à mes avocats et ils t’adresseront les papiers de la requête à signer. Ensuite, ils t’expédieront bien sûr tous les documents te concernant. Tu verras, il te suffira de cocher les cases, c’est très simple. Tu n’as aucun besoin d’ajouter un roman aux documents pour raconter ta vie. Ainsi, tu me rendrais service.

En te souhaitant une bonne continuation dans ta vie, mon épouse t’adresse également le même souhait,

Cordialement,

Ton frère. »

 

(c) Coquecigrues-billevesées. Si vous souhaitez utiliser ce poème, contactez-moi par commentaire, merci (ou au moins citez mon blog :)).

 



La Haine cache bien souvent ce qu'elle est et se cache aussi...


(Ill. d'Annie Bouyer).
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Mercredi 14 mai 2008

Ecrit pour la Petite fabrique d’écriture (http://azacamopol.over-blog.com/)

 

 

Sa première cigarette.

 

13 ans. Aujourd’hui, Mélo a 13 ans. Ni plus, ni moins. C’est chouette, ça tombe un mercredi, cette année. Même si ce jour n’aura rien d’exceptionnel, Mélo est ravie. Elle a réussi à monter un bobard à sa mère et rejoint ses amis.

 

Ce matin, son frère a ouvert les volets de la chambre très tôt puis l’a réveillée doucement.

 

« Habille-toi, Mélo, vite, faut que je te montre un truc. »

 

Elle a attrapé ses vêtements glissés la veille au soir sous l’édredon pour qu’ils restent bien chauds et sous les gros draps de coton un peu rêches, elle s’est habillée à la va-vite. Quitter la douceur du lit est toujours un arrachement, tant il fait froid au premier étage de la maison.

 

Elle rejoint son frère près de la fenêtre.

 

« Souffle sur la vitre, là, souffle doucement. »

 

Sans réfléchir, elle a obéit à son grand frère. Au fur et à mesure que son haleine touche la vitre de la pièce sans chauffage, elle peut lire, écrit au doigt :

 

« Bon anniversaire Mélo ! »

 

Mélo sourit. Ah oui, c’est son anniversaire. C’est chouette, ça tombe un mercredi cette année.

 

Traversant un peu n’importe comment le grand boulevard, ignorant les klaxons rageurs, Mélo se dit que c’est un drôle de cadeau. Un vrai, un qui vient du cœur, un qui ne reste pas pourtant mais un qu’elle ne voudrait pas oublier.

 

La bande est réunie comme d’habitude dans le sous-bois du jardin public. Ils y sont tous. Selim, Lorette, Arnaud, Marie, Franck, Lucas et les autres.

 

Aujourd’hui, Mélo a 13 ans. Elle a décidé de s’offrir un cadeau. Le paquet de clopes de Selim tourne. Mélo l’intercepte et en prend une.

 

« Ah non… pas toi !

- Ah bon ? Et pourquoi ça ?

- T’es trop jeune et pis c’est tout. Nous, c’est pas pareil, on a au moins 15 ans. Fais pas ça. En plus, ton frère, il va nous tuer.

- Trop jeune ? Et puis mon frère, il n’a pas besoin de tout savoir… »

 

Mélo éclate de rire. Trop jeune ? Quelle humour, elle qui souvent à le sentiment de vivre sa vie à rebours, de commencer par l’âge adulte, elle qui est la garde-malade de sa mère, le souffre-douleur de son père et la bonniche de la famille.

 

Mélo décide peu de sa vie alors oui, aujourd’hui, elle a 13 ans.

 

Elle tend sa main en silence vers Sélim. Le briquet.

 

« Putain, mais si tu t’fais choper tu vas dérouiller. Tu peux pas faire ça. »

 

Un pli amer au coin de la bouche, la colère et la rage au bord des yeux et du cœur, elle tend sa main.

 

« Si, je peux « au moins » faire ça. Passe le briquet. »

 

Selim obéit. Selim se jetterait au feu pour Mélo.

 

D’abord, Mélo hume la cigarette, le parfum du tabac frais. Les yeux fermés, elle se concentre. Mémoriser, dessiner la scène dans sa petite tête, recueillir cet instant de paix et de silence. Mélo aime braver l’interdit. Elle sait qu’elle ne risque pas grand-chose : à la maison, c’est la grande tabagie. Lui des brunes sans filtre et la pipe, Elle des mentholées dès qu’elle tient debout. Nul ne fera attention à son odeur. Pas de risque.

 

Alors elle sourit, allume sa cigarette, ses yeux plantés dans ceux de Sélim. Elle se concentre pour éviter de tousser. Ça, ce serait la honte.

 

La première taffe est étrange. C’est fort, âcre. Ça descend et ça monte à la tête. C’est bon. C’est le goût de l’interdit, du secret et des amis.

Elle ne cille pas, ne tousse pas. Aucune larme à ses cils. Elle fume. Sélim lui accorde un hochement de tête respectueux. Puis la bande à nouveau papote, papouille, rigole et taquine. Ils sont ses amis. Sa famille.

 

13 ans. Aujourd’hui, Mélo a 13 ans, ni plus ni moins. Aujourd’hui, Mélo a reçu deux beaux cadeaux qui n’auront de trace que dans son souvenir. Un souhait d’anniversaire éphémère qui apparaît dans la buée et la fumée de sa première cigarette.

 

Le temps de cette cigarette, Mélo sourit et reste immobile, totalement immobile, pour ne pas briser le temps.

 

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Mercredi 14 mai 2008

Ô vent du nord, entends son nom

Sois mon espion, et dis moi donc

S’il pense à nous sous l’ombragée

S’il meurt d’amour à étouffer

S’il a du mal à respirer

Et si parfois à la nuitée,

Pris de regrets, coulent ses pleurs ?

Existe-t-il plus grand malheur

Que notre Amour soit oubliée ?

Ô vent du nord, vois mon Amour !

Compte-t-il les heures ? Compte-t-il les jours ?

Ores je l’attends chaque nuitée…

 

Trombes marines ; paru dans l'ouvrage "Le temps qu'il fait en Poitou-Charentes-Vendée" (gravure en provenance d'une collection privée locale) - Le Magasin Pittoresque, 1842 (http://superstorm.forumactif.com/)

 

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Mercredi 14 mai 2008

Mathias ou Matthias, Saint, apôtre ( 1er s.).

Judas vient de se pendre. Il lui faut un successeur pour compléter le chiffre de 12 apôtres choisis par le Maître pour marquer les 12 tribus d'Israël. Parmi les témoins de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, le conseil présente deux candidats possibles. Saint Matthias est choisi par Dieu lui-même, le maître du sort et de l'existence. Il suivait Jésus depuis le baptême du Jourdain. On en fait l'évangélisateur de l'Ethiopie, d'autres le font mourir martyr en Judée. Il est parfois identifié avec Nathanaël. Son corps serait amené à Rome par sainte Hélène.

Représenté en habit antique.

Attributs : hache ; hallebarde.

«A la saint Mathias, le corbeau s’en va. Six semaines passera, le coucou reviendra. »

« Saint Mathias brise la glace, s’il n’en trouve pas, faut qu’il la fasse. »



(Ill. Saint Mathias apôtre par J. Callot v. 1630, in collection.aucklandartgallery.govt.nz).



Aglaïs
ou Aglaé, Sainte, martyre ( 4e s.).

et saint Boniface, son régisseur et amant. Grande dame, matrone romaine, s'étant convertie, elle convertit Boniface et tous deux devinrent de bons chrétiens. La tradition veut que saint Boniface ait été martyrisé à Tarse lors d'un pèlerinage demandé par Aglaé. Les deux esclaves qui l'accompagnaient, ramenèrent sa tête à Rome qui fut ensevelie dans un oratoire sur la via Latina où Aglaé venait souvent se recueillir.

 

 

par Ma Cocotte publié dans : Saints, dictons communauté : Chroniques du temps présent
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Mardi 13 mai 2008

 

 

Comme toute bonne française qui se respecte – et parfois, j’adore être une française moyenne – j’ai fait le pont !!!!

 

Partie en douces terres angevines, j’ai pris grand soin de déposer mon sac poubelle en lieu et temps comme il se doit avant de grimper dans ma voiture.

 

Au retour, bazar de semoule et purée de pois bouillis trop cuits !!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Le sac est toujours là et il s’est fait tout plein d’amis.

 

Ce matin, sur le trajet du travail, je n’ai rien remarqué : je rêvassais, encore en pilotage automatique post réveil difficile.

 

Ce midi, une vision de l’enfer milanais comme si j’y étais m’a sauté aux yeux, au corps mais surtout aux narines.

 

Ça renifle, ça pue, ça odorise méchant. Heureusement, les hommes et les femmes des poubelles ont placardé et distribué tout plein de joli papiers vert fluo avec des « explications ».

 

Ils demandent reconnaissance pour la dureté de leur labeur, de la reconnaissance et du respect.

 

Donc, ils demandent une petite prime.

 

DONNEZ LEUR DES SOUS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

VITE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Les éboueurs, c’est comme les amants, c’est quand ils ne sont plus là qu’on sait ce qu’on a perdu !

 

Les trottoirs sont saturés de sacs nauséabonds. Tout à coup, ça nous marque : on les voit. D’habitude, on n’y pense pas puisqu’ils se lèvent aux aurores pour éviter que notre sens de l’esthétique soit agressé. D’habitude, on ne les sent pas puisque c’est eux, les hommes de l’ombre, qui doivent porter des masques pour supporter cette puanteur.

 

Ils prennent des risques : une écorchure peut méchamment s’infecter à manipuler nos détritus.

 

Les éboueurs ont droit à notre respect. Ils sont UTILES. Ils servent la collectivité.

 

Le monde, sans eux, est laid.

 

Bazar de semoule : donnez leur des sous et rendez-moi mes éboueurs !!!!!!!!!!!!!!!!!

 

par Ma Cocotte publié dans : Ma Cocotte communauté : Chroniques du temps présent
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Mardi 13 mai 2008






Prends donc ces souvenirs en guise d'avenir :

Je n'ai que des fragments, de la poussière de temps.

Il me reste quelques rires, des soupirs, du désir.

Je n'ai plus le temps, non, d'attendre dix mille ans.

 

Reprends tes mots, tes dires, reprends donc tes sourires.

Pars donc tant qu'il est temps, tu dois être prudent,

Tu ne dois pas souffrir, tu ne veux pas choisir.

Je n'ai plus le temps, non, de t'attendre cent ans.

 

Tes raisons sont bien pires qu'une vie sans désir

Mais tu as tes tourments, et tous tes arguments

Ne servent qu'à enlaidir un possible à venir.

Je n'ai plus le temps, non, pas même d'attendre un an.

 

Prends donc ces souvenirs en guise d'avenir.

Ton amitié ? Ah... non. Ne m'en demande pas tant

Ni les mots pour le dire, je ne sais que l'écrire :

Je n'ai plus le temps, non, si ce n'est maintenant.

 

(c) Coquecigrues-billevesées. Si vous souhaitez utiliser ce poème, contactez-moi par commentaire, merci (ou au moins citez mon blog :)).

 

par Ma Cocotte publié dans : Poésie communauté : L'âme du poète
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