Troy Davis... et après ?

Publié le par Ma Cocotte

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Troy Davis … et après ? Article lu sur Voldemag.

 

Je suis contre la peine de mort. Pour différentes raisons.

La première est la légitimité de la Justice. On peut avoir les opinions que l'on veut à son sujet, n'empêche, sans elle, c'est l'anarchie. Chacun fait sa loi, chacun règle ses comptes. On retourne au Far West sauvage.

La deuxième, c'est l'erreur humaine. Combien d'innocents assassinés ? Oui, assassinés, pas exécutés. Si la peine de mort exécute des coupables, elle assassine des innocents.

La troisième, c'est l'exemplarité de l'État. Nul ne peut s'octroyer le droit de vie ou de mort sur son prochain. Un État qui pratique la peine de mort est un état qui se positionne au niveau de ceux qu'elle exécute.

La dernière est que cela ne ressuscite pas les victimes.

 

Face à ses raisonnements purement intellectuels, ou théoriques, ou éthiques, une seule question, comme une gifle en plein cœur :

 

mais si l'on tue l'un de tes enfants, si l'on assassine ton compagnon ?

 

La question purement affective, émotionnelle.

 

Que ferais-je ? Quelle serait ma réaction ? Difficile question. Mise en danger complète de ma raison.

Tout le monde vous le dira : le rationnel et l'émotionnel ne se comprennent pas, ne communiquent pas ensemble ni ne s'entendent.

 

Alors ?

 

J'y ai souvent pensé.

J'ai souvent crû que j'attendrais que le plus jeune de mes enfants soit autonome et indépendant. J'attendrais. Patiemment. Tout ce temps je surveillerais la personne jugée coupable. Je préparerais un plan minutieux. Des années pour se préparer. Les lieux, le bon moment, l'arme. Apprendre à tirer.

Le jour de sa sortie, je le tuerais.

 

Je ne sais pas si c'est ainsi que cela se passerait. Je ne sais pas. Je ne sais même pas si je pourrais me relever d'une telle souffrance.

 

Est-ce un petit arrangement entre ma raison et mon cœur ? Peut-être.

Laisser faire la justice. Laisser au coupable l'espoir d'une sortie, un jour. Laisser la société l'isoler, le mettre à part pour qu'il ne soit plus un danger pour nous.

Puis lui prendre sa vie comme il aurait pris la vie d'un des miens.

Poser l'arme et attendre. Assumer son acte. Payer sa dette à la société.

 

Est-ce pour autant que j'irais mieux ? Quel sens donner à tout cela ?

Le temps apaiserait-il la souffrance ?

Le temps permettrait-il à la vie de reprendre le dessus ?

 

Les vivants l'emporteraient-ils sur les morts ?

 

Impossible de répondre.

 

Prendre une vie ne rend pas la vie, violer un violeur ne guérit pas la victime...

 

Mais si c'était ton enfant ?

 

Question sans réponse.

Publié dans Vu - lu - entendu...

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Gaïa 08/10/2011 16:10



Sur le moment sans doute aurions nous une attitude animale mais avec le recul!  ne nous mettons pas au niveau de ces monstres .



Ma Cocotte 09/10/2011 10:38



C'est ce que je me dis à froid



Quichottine 08/10/2011 08:55



Si c'était mon enfant... je ne me pose pas la question. Je serais louve et je sais que je le tuerai si je le voyais faire.


Mais... voilà, il faudrait que je sois là.



Ma Cocotte 08/10/2011 13:05



C'est vraiment une question difficile. C'est pour cela que je préfère écrire des fictions. Mes personnages font des choix, les assument. J'ai plus de mal.