Jardinage à l'ancienne : Février

Publié le par Ma Cocotte

 automne novembre

Tous les mois, je copierai les bons conseils d'un vieux livre précieux sur le jardinage à l'ancienne ! Références du livre tout en bas, issu de ma petite collection et non, je ne veux pas le vendre parce que mes livres, je les aime et puis c'est tout !!! Ayant déniché celui-ci depuis peu, je l'ajoute à l'autre référence, qui donnait des conseils bien plus sommaires. Si vous avez des questions, allez-y, j'essaierai de trouver la réponse. J'avoue que moi-même je ne connais pas tout ça. Appréciez le style 19e, c'est jubilatoire.

 

Mois de Février.

 

TRAVAUX GENERAUX.

Il faut se hâter de terminer les labours qui n'ont pu être fait le mois précédent, autrement le temps manquerait pour les achever, car la température ne peut tarder à s'élever. On termine les transports des fumiers et l'on remanie les terreaux et engrais, dont on ne tardera pas à avoir besoin.

On détruit les couches faites en décembre et on se sert de la partie du fumier la moins consommée pour la mêler à du fumier neuf et faire de nouvelles couches. Profiter du mauvais temps pendant lequel on ne peut s'occuper de jardinage pour réparer les paillassons, en faire de neufs et remettre en bon état tous les outils. Abriter avec soin les plantes qui peuvent être attaquées par les gelées qui, dans ce mois, sont encore à redouter ; mais on devra commencer à donner de l'air aux châssis, serres froides et orangeries toutes les fois que la température se maintiendra de 5 à 8 degrés centigrades.

 

ARBORICULTURE.

Continuer à tailler les poiriers, pommiers, pruniers, etc. Vers la mi-février, on peut commencer à s'y prendre pour les abricotiers et les pêchers. Réserver des rameaux pour greffer en avril et en mai. On les met en terre le long d'un mur, au nord ; trop d'humidité leur nuirait et les exposerait à chancir ou pourrir. Commencer à tailler la vigne. Placer les tablettes ou paillassons sur les arbres à fruits en espalier. On continue de planter les arbres qui n'ont pas été mis en terre en automne dans les terrains humides. Avoir soin de visiter les amandes, châtaignes et tous les fruits qu'on a mis en cave dans des pots remplis de sable pour les stratifier. Si ces fruits ne sont pas germés on change le sable pour activer la germination. Bouturer tous les arbres qui ont la faculter de s'enraciner par cette opération.

Les poires à couteau bonnes à manger en ce mois, sont les bergamottes d'Australie, jaminette, espéren, fortunée, Laffay, les beurrés Bretonneau, Chaumontel, d'Aremberg, noirchain, Colmar d'hiver, doyenné d'hiver, Joséphine de Malines, etc. Les poires à compote et les pommes sont les mêmes qu'en janvier.

 

CULTURE MARAICHERE.

Mêmes travaux que le mois précédent pour les couches que l'on garnit de châssis ou de cloches. On continue à forcer des asperges, seulement on fait les réchauds moins forts. On peut semer sur couches et à l'air de petits radis que l'on aura soin de couvrir la nuit ou lorsqu'il tombe des giboulées. Lorsque le temps est beau, on doit visiter toutes les couches de laitues pour enlever les mauvaises feuilles qui pourraient occasionner toutes sortes de maladies. Ne donner de l'air aux couches qui sont garnies de radis, raves, choux-fleurs, romaines, placées sous châssis, que lorsque les gelées ne sont plus à craindre ; faire de même pour les romaines et laitues destinées à être mises en pleine terre. On peut semer la seconde saison de melons, concombres, aubergines, tomates et chicorées fines, avec les précautions indiquées pour le mois précédent.

Les melons et concombres se repiquent à 60 ou 70 par châssis ; les tomates et aubergines se repiquent pour la première fois à 300 par châssis.

Vers la fin du mois, on peut semer sur couches chaudes des haricots flageolets hâtifs, pour repiquer deux par deux sur d'autres couches un peu moins chaudes, avant de les mettre définitivement en place. On sème en pleine terre carottes, panais, poireaux, oignons rouges, petits céleris, persil, cerfeuil, radis et autres graines. On plante romaines et laitues et les derniers choux-pommés. Si le temps n'est pas trop à la gelée, on peut déchausser les pieds d'artichauts. C'est le moment de commencer à planter des asperges, soit pour forcer, soit pour la pleine terre, ainsi que les œilletons d'artichauts.

Lorsque les plants de melon auront poussé leur troisième feuille, il faudra la supprimer et n'en laisser que deux, de manière que les œils ou bourgeons qui se trouvent dans les aisselles de ces feuilles se développent avec plus de vigueur. Après la cinquième feuille on devra pincer l'extrémité de ces bourgeons pour faire refouler la sève dans les branches à fruits. Mêmes observations pour les concombres. Suivre exactement, pour le repiquage des tomates et aubergines, les indications données dans le mois précédent.

 

 

PLANTES D'ORNEMENT DE PLEINE TERRE.

La plus grande propreté doit régner dans les massifs, auxquels on pourra donner un léger binage, de manière à ne pas endommager les racines qui courent généralement à la surface du sol. Il ne faut pas oublier, si l'on veut obtenir une belle végétation, de couvrir ensuite les massifs d'un engrais quelconque ; à défaut de fumier, on peut y répandre les détritus de jardin qui auront été préparés avec soin à l'avance, feuilles d'arbres, mousses mélangées d'herbes, etc. Se hâter de mettre en terre les plantes vivaces qui n'auraient pas été plantées à l'automne, surtout celles dont la floraison est précoce. Les hâles de mars sont très-nuisibles à la plantation de ce genre de plantes. Quant à celles qui fleurissent en automne, on peut attendre le mois suivant pour les planter.

Presque toutes les bordures qui ont besoin d'être dédoublées devront être replantées. Préparer les massifs qui sont destinés à être plantés en terre de bruyère, et où les fosses doivent avoir été creusées avant l'hiver ou dans le courant de cette saison. Avoir soin d'y déposer la terre de bruyère telle qu'elle est sans trop la diviser. Dans le cas où le terrain serait humide, il sera bon de garnir le fond des fosses d'un bon drainage de pierrailles.

Semer en place, en touffes, bordures, etc., les plantes suivantes qui supportent difficilement la transplantation : toutes les variétés de pavots et de coquelicots à fleurs doubles, ainsi que les différentes espèces de pieds-d'alouettes annuels, les bluets variés. Semer sur couches sous châssis les coboea, pervenches de Madagascar, crêtes-de-coq, plusieurs variétés de giroflées quarantaines, les lobélia nains pour faire des bordures. Tous ces semis seront repiqués en potée, ensuite mis par pot, et tenus sur couche et sous châssis jusqu'au beau temps. On sèmera du réséda en potée pour être mis en place par potée entière, ou en trois ou quatre touffes si le plant est serré. On mettra sur couche et sous châssis, pour les rétablir des souffrances de l'hiver, les lantanas, héliotropes, eupatoires, pétunias verveines et autres plantes qui pourront donner de très-bonnes boutures lorsqu'elles auront végété quelques temps à la chaleur. Continuer les plantations de toutes les espèces d'arbres ; dégager un peu les plantes garanties par des couvertures, afin de les accoutumer peu à peu au grand air, jusqu'à que l'on les découvre entièrement. Lorsque les transports seront terminés, on remettra les allées en état avant de les y garnir de sable.

 

 

SERRES.

Le soleil prenant de la force, on pourra diminuer le feu dans les serres. Les plantes qui commencent à entrer en végétation demandent à être remaniées les unes après les autres. Donner des arrosages à celles qui en auront le plus besoin , et laisser pénétrer plus fréquemment l'air et la lumière. Les nuits continuant à être longues et humides, ce n'est pas encore le moment d'avoir recours au bassinage. Continuer à faire des boutures comme il a été indiqué pour le mois précédent, et retirer celles qui seraient déjà enracinées. Les rempoter dans des vases un peu plus grands, et les tenir quelques jours sous couches, en leur donnant sensiblement de l'air. On les mettra ensuite dans une serre à une température de 8 à 10 degrés, où elles s'acclimateront facilement.

On continuera de chauffer les serres chaudes comme le mois précédent. Rempoter les plantes qui réclameraient un surcroît de nourriture. Arroser plus fréquemment et donner quelques bassinages les jours où le soleil araîtra. Les plantes à chauffer en vue de les faire fleurir sont les jacinthes, tulipes, crocus, narcisses, et, en arbustes, les deutzia gracilis, lilas, spiraea, rhododendrons de pleine terre, etc.

Dans la seconde quinzaine de février, on peut commencer à donner de l'air, et découvrir de distance en distance les bâches et serres froides qui auraient été couvertes depuis le mois de décembre. Surveiller les serres tempérées pour les arrosages et rempoter celles des plantes qui en auraient besoin. Mêmes soins pour les serres chaudes que dans la première quinzaine.

Les plantes et arbustes que l'on se propose de faire fleurir et qui doivent être dans une terre à part, devront recevoir graduellement de l'air. Continuer le bouturage et la multiplication des diverses plantes.

 

ORCHIDEES.

On peut commencer à augmenter la chaleur de la serre et la tenir de 20 à 22 degrés, surtout pendant le jour.

Les fortes plantes cultivées en paniers suspendus et qui ont été tenues un peu sèchement, telles que les gongora, stanhopea, etc., doivent commencer à végéter. Comme l'intérieur des composts doit être devenu un peu sec, on fera bien de tremper le panier dans de l'eau tiède jusqu'à ce qu'il soit suffisamment imbibé. À partir de ce moment, les plantes devront être régulièrement bassinées. Nous conseillons cette immersion dans l'eau tiède pour que les terres des compost puissent retenir l'eau, qui sans cela passerait au travers sans y laisser l'humidité qui devient utile.

Toutes les orchidées n'ont pas encore besoin d'être mouillées. Cela dépendra du degré de leur végétation aussi bien que du temps et de l'état de l'atmosphère.

Plusieurs espèces de dedrobium doivent commencer à fleurir et être par conséquent mouillées avec soin, en évitant de jeter de l'eau sur les fleurs.

 

Ce texte est extrait de :

Le Jardinier pratique ou Guide des amateurs dans la culture des plantes utiles et agréables contenant les jardins fruitiers, potagers et d'agrément augmenté de la composition des jardins et de la culture des plantes de serres et d'appartement par M. H. Rousselon avec la collaboration de MM. Jacquin, Bocquart, Noisette et Vibert. - Illustré de 200 gravures sur bois. - Paris : Théodore Lefèvre et Cie, [circa 1860, peut-être, je ne suis pas sûre].

 

 

Ma campagne en novembre, libre de droits, mais vous pouvez mettre un lienvers mon blog !!!

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