Tous les mois, je copierai les bons conseils d'un vieux livre précieux sur le jardinage à l'ancienne ! Références du livre tout en bas, issu de ma petite collection et non, je ne veux
pas le vendre parce que mes livres, je les aime et puis c'est tout !!! Ayant déniché celui-ci depuis peu, je l'ajoute à l'autre référence, qui donnait des conseils bien plus sommaires. Si vous
avez des questions, allez-y, j'essaierai de trouver la réponse. J'avoue que moi-même je ne connais pas tout ça. Appréciez le style 19e, c'est jubilatoire.
Mois de Juillet.
TRAVAUX GENERAUX.
On continue les travaux du mois précédent. Les chaleurs devenant plus fortes, il faut redoubler d'activité pour défendre les plantes contre la sécheresse, en leur donnant de nombreux et copieux arrosages. On commence à récolter des graines.
Mêmes recommandations que le mois précédent, pour les pelouses et gazons qui doivent être maintenus aussi humides que possible.
CULTURE MARAICHERE.
Semer, jusqu'au 20, les brocolis, chicorées de Meaux, scaroles vertes, épinards, radis, cerfeuils, les carottes destinées à faire de la graine, ainsi que les derniers choux de Milan ou frisés, et les raiponces pour l'hiver. On commence à semer les derniers navets ; on met en place, vers la fin du mois, les derniers choux-fleurs, les romaines, les laitues, et les poireaux pour l'hiver.
Ne pas négliger la taille des melons, concombres, tomates, aubergines ; supprimer avec soin tous les bourgeons inutiles. Veiller constamment aux arrosages, comme pendant le mois précédent. Ne pas oublier non plus de garnir les terrains de bon paillis. Mettre à l'abri les coffres, les panneaux et les cloches devenues inutiles.
ARBORICULTURE.
Continuer le palissage des espaliers, et principalement des pêchers. On découvre légèrement les fruits, en enlevant quelques-unes des feuilles qui les ombragent. On pince en même temps, et l'on supprime les branches mal placées ou qui font confusion dans le forme des végétaux. Ce travail est des plus nécessaires pour faire prendre de la couleur aux fruits. Continuer de donner à la vigne les soins dont nous avons parlé pour le mois précédent.
Les produits en fruits qu'on obtient dans ce mois, sont : les cerises, les figues, les groseilles, l'avant-pêche, les abricots, quelques prunes, celle de Monsieur, la jeune hâtive, la royale de Tours, et, vers la fin du mois, la poire d'épargne, la grosse blanquette, etc.
PLANTES D'ORNEMENT DE PLEINE TERRE.
Il y a peu à faire en ce mois en fait de labours, tous les massifs et plates-bandes devant être garnis et dans toute leur beauté. Les principaux travaux sont les arrosages et les ratissages ; la propreté doit régner partout. Mettre des tuteurs aux plantes qui en ont besoin. Tondre les bordures et les haies. Sortir de terre toutes les greffes et tous les oignons qui ont leurs feuilles sèches, les conserver au sec pour les remettre en place à l'automne. Il est mieux de laisser en place les fritillaires Damier, couronne impériale, les Erythronium deus canis, pour les replanter après l'arrachage. Les Erythronium laissés hors de terre se perdraient rapidement : il en est de même de l'anémone des Apenins.
C'est le moment des soins minutieux pour la récolte des graines.
Faire des boutures à l'air libre, dans un endroit un peu ombré, de toutes les variétés de Pelargonium zonale inquinans. Une fois ces boutures bien enracinées, on les place dans de petits pots et on leur fait passer l'hiver en serre tempérée ou sous bâches. On obtiendra ainsi de bonnes plantes pour les garnitures de l'année suivante.
Pour les autres espèces de Pélargonium à grandes fleurs et de fantaisie, on fait les boutures sous châssis bien garantis du soleil. La nuit, on leur donne beaucoup d'air, et l'on peut même enlever les vitraux quand le temps est doux et qu'il n'y a pas de grandes pluies à craindre. Les chrysanthèmes ligneux réussissent très-bien de cette manière.
À la fin du mois, semer les pensées. On bassinera légèrement les boutures. Si le soleil est très-chaud, avoir soin d'arroser, dans le moment de la chaleur, toute la terre qui entoure les boutures, afin d'entretenir une humidité suffisante.
On doit répandre beaucoup d'eau, principalement le soir. Un bassinage fait à ce moment profite beaucoup plus aux plantes qu'un fort arrosage fait pendant le jour.
Dans la dernière quinzaine du mois, on marcotte les œillets. Mettre ne place toutes les plantes annuelles qui ont été enlevées en pépinières. On sème les quarantaines.
SERRES.
Il n'y a presque rien à changer aux travaux du mois précédent. Continuer les arrosages et les bassinages tous les soirs, si la température est sèche et chaude. Ne pas négliger de tenir les chemins de service dans un bon état d'humidité. Comme les eaux des puits de Paris sont généralement chargées de sels calcaires, il est nécessaire de biner légèrement la surface de la terre et de retirer celle qui forme la croûte, pour lui en substituer de la nouvelle. On se sert, pour cette opération, d'un morceau de bois en forme de spatule.
On peut aussi, dans ce mois, pratiquer le pincement sur diverses plantes, principalement sur celles de terre tempérée qui n'auraient pas atteint un développement suffisant pour fleurir.
Continuer aux plantes de terre chaude les soins recommandés pour le mois précédent. Quelques-unes des plus rustiques pourront être exposées à l'air libre. Avoir la précaution de les garantir des grands vents et du soleil.
Il est bon de regarnir de sphagum ou de mousse les orchidées cultivées sur bois ou en paniers suspendus. Par ce moyen, on conservera assez d'humidité autour des racines, qu'il faut se garder de laisser dessécher. Quant aux plantes cultivées en pot et en terre de bruyère, on peut laisser pousser les petites bruyères et quelques fougères qui y viennent naturellement : elles serviront de thermomètre, et leurs feuilles fanées indiqueront le degré de sécheresse de la terre, qui ne contient plus assez d'eau pour les nourrir. Elles sont toujours plus agréables à la vue et font un meilleur effet dans les serres que la couleur brune ou noirâtre des morceaux de terre sur lesquels poussent les orchidées. Si ces végétaux indigènes devenaient trop forts et pouvaient nuire aux orchidées, il ne faudrait pas hésiter à les en débarrasser.
Il faut veiller avec beaucoup de soins à ombrer les serres depuis le moment où le soleil commence à les trapper [frapper ? note de la copiste], jusqu'à celui où il s'est entièrement retiré. Si la sècheresse est très-forte, il faut jeter beaucoup d'eau dans les sentiers, non-seulement le matin, mais encore à midi.
On fera bien de donner beaucoup d'air dans les journées chaudes et humides, et par les temps couverts.
Ce texte est extrait de :
Le Jardinier pratique ou Guide des amateurs dans la culture des plantes utiles et agréables contenant les jardins fruitiers, potagers et d'agrément augmenté de la
composition des jardins et de la culture des plantes de serres et d'appartement par M. H. Rousselon avec la collaboration de MM. Jacquin, Bocquart, Noisette et Vibert. - Illustré de 200 gravures
sur bois. - Paris : Théodore Lefèvre et Cie, [circa 1860, peut-être, je ne suis pas sûre].
Illustration trouvée ICI.
jojohaase
on apprends toujours
merci
Le quoi des espaliers ?