Jardinage à l'ancienne : Juin, 2.

Publié le par Ma Cocotte

 

Tous les mois, je copierai les bons conseils d'un vieux livre précieux sur le jardinage à l'ancienne ! Références du livre tout en bas, issu de ma petite collection et non, je ne veux pas le vendre parce que mes livres, je les aime et puis c'est tout !!! Ayant déniché celui-ci depuis peu, je l'ajoute à l'autre référence, qui donnait des conseils bien plus sommaires. Si vous avez des questions, allez-y, j'essaierai de trouver la réponse. J'avoue que moi-même je ne connais pas tout ça. Appréciez le style 19e, c'est jubilatoire.

 

Mois de Juin.

 

TRAVAUX GENERAUX.

La végétation étant en pleine activité, les jardiniers ne sauraient apporter trop de zèle ni de soins dans leurs travaux. On ne peut assez leur recommander de bien sarcler et arroser tout ce qui en a besoin.

Au commencement du mois, si le temps est un peu frais, les arrosages se donneront encore le matin ; mais aussitôt que les journées deviennent chaudes, les mouillages se feront plus avantageusement le soir.

Il faut couper souvent les pelouses et gazons, pour les entretenir en bon état, et détruire les herbes étrangères qui se propageraient, si on les laissait porter graine.

Tondre les charmilles et les buis afin qu'ils puissent repousser avant l'automne. Labourer souvent les terres fortes, afin de ne pas leur donner le temps de se durcir et de se fendre ; le meilleur moment pour labourer les terres légères est pendant la pluie ou immédiatement après. On doit au contraire choisir pour remuer les terres fortes un temps sec et chaud. - Faire la guerre aux vers blancs.

On veille à maintenir l'équilibre de tous les végétaux qui couvrent le sol, et on les récolte à point.

 

CULTURE MARAICHERE.

On peut encore semer tous les légumes du mois précédent, et les choux-fleurs jusqu'au 15. Les chicorées et scaroles doivent être semées sur couches chaudes jusqu'au 20 juin, pour qu'elles ne soient pas sujettes à monter. Du 20 au 30, semer les choux pommés de Vaugirard pour l'hiver, planter les derniers melons, concombres, potirons et toutes les cucurbitacées. Continuer à ne pas négliger la taille des melons, concombres, aubergines, tomates, etc. Le mois de juin est celui où les arrosages sont le plus nécessaires lorsque la chaleur se fait sentir. Avoir la précaution de planter le soir, afin que la fraîcheur de la nuit raffermisse les plantes qu'il serait bon de garantir de l'ardeur du soleil, si la chaleur était forte. Tous les terrains plantés et ensemencés doivent être tapissés, c'est-à-dire paillés avec soin de court fumier, ce qui conserve la fraîcheur des racines.

 

ARBORICULTURE.

Mêmes travaux que dans le mois précédent. Si l'on avait négligé l'éboutement des figuiers et le pincement des autres arbres à fruits, il est encore temps de s'y prendre.

 

PLANTES D'ORNEMENT DE PLEINE TERRE.

Dans la première quinzaine de Juin, on continue les travaux de Mai. Garnir les massifs de toutes les plantes qui ont été conservées en bâches l'hiver, ainsi que d'un grand nombre de jeunes boutures et semis faits dans le printemps. Pour certains végétaux délicats, tels que les Sylvia splendens, héliotropes, érythrines, cannes de l'Inde, etc., il est préférable de ne s'y prendre qu'en Juin. Du reste, ces travaux peuvent être exécutés quinze jours plus tôt ou plus tard, suivant les localités, les terres et les expositions.

Beaucoup d'amateurs, pour former les massifs, ont recours à des fleurs d'une seule nuance et obtiennent ainsi des groupes du plus bel effet. S'il s'agit de grands massifs, il est peut-être préférable d'y réunir plusieurs couleurs. Par exemple, pour un massif de six mètres de largeur, on pourra planter les deux mètres du centre en chrysanthèmes ligneuses blanches, on formera ensuite une zone d'un mètre avec des géraniums rouges, puis une autre zone d'égale largeur avec des cupatoires naines, des pétunias violets ou des verveines bleues. Le nombre des couleurs que l'on peut ainsi réunir peut aller jusqu'à quatre et plus, suivants les dimensions du massif ; mais il faut autant que possible que chaque zone n'ait pas moins d'un mètre de largeur, surtout si le massif est éloigné de son point de vue. Ce mélange de coloris peut être pratiqué ainsi dans les petits massifs, s'ils sont à peu de distance de leur point de vue.

Quant aux massifs d'arbustes de terres de bruyère, le milieu pourra être planté en magnolias à feuilles caduques Soulangeana et Yulan, dont on masquera la nudité du tronc au moyen de rhododendrons placés sur un ou plusieurs rangs. Viendront ensuite des kalmias, puis des bruyères de la Méditerranée. On continuera graduellement par des plantes plus basses : menziezias à fleurs roses ou à fleurs blanches. On ajoutera en bordures, si les dimensions du massif le permettent, soit de thymelées des Alpes, soit des gentianes sans tiges.

Dans le cas où cette bordure se trouverait à l'abri de l'ardeur du soleil, on peut la planter en anémones hépatiques bleues et roses doubles. Entre chaque pied d'hépatique, on placera, par touffes de quatre ou cinq ognons [sic, note de la copiste] des érythrones dents de chien, à fleur blanches.

On obtiendra ainsi des fleurs de trois nuances différentes, qui s'épanouissant en même temps, produiront un effet charmant. Il est bon de faire observer que les érythrones, ne pouvant rester longtemps hors de terre, la plantation devra en être faite en Août et en Septembre.

Voici la liste d'un certain nombre de plantes très-propre à former des massifs, et qui restent tout l'été en fleurs :

Eupatoire bleue au milieu du massif ; Chrysanthème blanche ; Geranium rouge ; Petunia violet ; Niérembergia gracilis pour la bordure. Geranium rouge ; Petunia blanc ; Lobelia Erinus speciosa bleu. Chrysanthème blanche ; Eupatoire naine bleue ; Petunia rouge, Niérembergia gracilis blanc ; Lobelia speciosa bleu. Phlox Drummundii ; Petunia blanc ; Verveine rouge ; Verveine bleue ; Petunia blanc ; Petunia rouge ; Verveine bleue.

Semer pour les garnitures du printemps dans la première quinzaine de Juin et pas plus tard, les roses trémières, lins vivaces de Sibérie, campanules violettes marines, les giroflées rouges, cocardeaux et jaunes, ainsi que toutes les plantes vivaces et bisannuelles qui fleurissent au printemps.

Dans la seconde quinzaine de Juin, tous les massifs doivent être couverts de court fumier. Veillez aux plantes qui réclament l'appui des tuteurs.

 

SERRES.

Dans le mois de Juin, toutes les plantes de serre tempérée peuvent être mises à l'air libre sous des abus [? note de la copiste] préparés à l'avance. Leur donner de légers bassinages, et avoir soin, durant la sécheresse d'arroser tous les jours les chemins de service, afin d'y maintenir l'humidité et d'empêcher la formation de la poussière qui pourrait s'attacher au feuillage, ce qui est très-nuisible surtout pour les végétaux de la Nouvelle-Hollande.

Ne pas cesser les arrosages et les seringuages aux camélias dont les boutons continuent de se former.

Les azalées de l'Inde peuvent être mises en place dans la partie du jardin la plus aérée. Ces plantes ne redoutent pas le grand soleil et elles acquièrent ainsi plus de rusticité et développent mieux leurs boutons à fleurs. Leur donner de fréquents arrosages si elles sont bien portantes.

Toutes les plantes de semis ou de boutures qui auront été séparées dans le mois précédent, pourront être remises à l'air libre, soit sur des couches tièdes soit sur des plates-bandes dûment préparées de terrain meuble. Enfoncer les pots jusqu'à la couronne et les recouvrir d'une légère couche de terre de bruyère, afin d'éviter que la terre qu'ils renferment ne se dessèche par trop. De simples bassinages suffisent aux plantes placées dans ces conditions.

On peut cesser totalement le feu dans les serres chaudes, et donner de l'air plus largement qu'en Mai, eu égard à la température ordinairement chaude de Juin. Bassiner fréquemment et tenir la serre fermée après cette opération pendant une heure ou moins. Continuer à entretenir la propreté des plantes et de leur feuillage.

Les rosiers commencent à fleurir, ne pas négliger l'ébourgeonnement. On peut aussi pincer les jeunes greffes qui ne formeraient pas bien leur tête. Quant à celles qui se développent avec vigueur, il est préférable de les laisser pousser sans interruption.

Les orchidées d'une partie du Brésil, du Mexique et des autres contrées de l'Amérique où la température est la moins élevée, auront été mises dans la partie la plus froide de la serre. Elles doivent pousser rapidement, et lors des mouillages il est important de ne pas laisser séjourner l'eau autour des jeunes pousses, il faut donc les bassiner avec modération. Le trop d'humidité les détruirait infailliblement.

Lorsque les orchidées sont cultivées sur bois, cet inconvénient est moins à craindre, il peut être aisément prévenu en donnant à la plante une pente inclinée qui ne permet pas à l'eau de séjourner entre les écailles.

Aussitôt que les bulbes sont formées et si les plantes sont vigoureuses, il faut leur donner de bons bassinages ; il est alors prudent de réunir les plantes, qui sont en état d'être fortement mouillées, et de les séparer de celles auxquelles cette abondance d'humidité pourrait être nuisible.

Avoir grand soin de couvrir la serre pour préserver les plantes de l'ardeur du soleil ; mais il n'est pas bien de laisser les serres ombrées pendant les temps couverts. Il est donc nécessaire d'avoir un système de couverture qui soit facile à manœuvrer, tel que les claies ou les canevas qui se roulent au moyen de rappels.

En règle générale, on fera bien de réunir les orchidées qui veulent le même traitement ; cela évitera, non-seulement des pertes parmi les plantes, mais encore cette réunion rendra la culture plus facile au jardinier, et le succès en sera plus certain.

Nous recommandons les bassinages du soir, parce qu'il est important que les feuilles puissent sécher dans la journée. Une humidité constante ne leur serait pas favorable.

On continuera à donner de l'air, en ayant toujours soin d'en éviter les courants. Un air trop vif qui viendrait saisir les plantes leur serait très-préjudiciable.

Lorsque les orchidées qui ont poussé les mois précédents ont acquis tout leur développement, il est essentiel de diminuer graduellement les mouillages pour les préparer à leur saison de repos.

 

 

Ce texte est extrait de :

Le Jardinier pratique ou Guide des amateurs dans la culture des plantes utiles et agréables contenant les jardins fruitiers, potagers et d'agrément augmenté de la composition des jardins et de la culture des plantes de serres et d'appartement par M. H. Rousselon avec la collaboration de MM. Jacquin, Bocquart, Noisette et Vibert. - Illustré de 200 gravures sur bois. - Paris : Théodore Lefèvre et Cie, [circa 1860, peut-être, je ne suis pas sûre].

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Forum jardinage 15/06/2009 10:35

J'aime beaucoup ces textes des vieux livres de jardinage, on y découvre comment faisaient nos anciens, et on devine aussi le plaisir qu'ils y prenaient...

Plume+Vive 11/06/2009 13:42

aaaahhhh ! veux tu arrêter de me narguer comme ça ! hein ?(bien reçu ton mail, t'appelle dès que possible)

Ma Cocotte 12/06/2009 09:10


Attends, c'est pas fini :D