12 h
44.
Fait.
Je l'ai fait.
J'ai la lèvre supérieure légèrement embuée. Quand j'écris, je dois réécrire car ma dyslexie est revenue telle un cheval au galop. Je ne parle pas. Si je parlais , je bégaierais.
Je le sais parce que je viens d'appeler Loulou chez son papa pour le prévenir. Je serai au taff quand il rentrera et je ne veux pas le surprendre plus que nécessaire.
J'ai bégayé.
Il s'est tu.
Nos silences sont plus éloquents que nos paroles.
Je suis convaincue qu'il pensait que je ne pourrais pas. Mais je l'ai fait.
Ni fière ni triste.
Juste chamboulée de m'être fait violence et d'en avoir usé.
Vous me direz : arrête, c'est pas de la violence, ça...
Théoriquement, oserais-je dire intrinsèquement, non.
Mais si quand même. Pour moi si. J'aurais voulu qu'il comprenne. Mais bon. 10 ans, c'est qu'un gosse et il a besoin de limites. Le rangement de la chambre est devenu une arme, une occasion de m'éprouver, une bataille des nerfs et une façon d'exercer pour lui la notion de pouvoir.
J'apprends. L'autorité. Réel problème qui me concerne, moi, pas lui.
Donc je l'ai fait.
Je respire. Comme à chaque fois que je dois surmonter un apriori, une peur, une angoisse, nul tremblement de terre ne s'est produit après.
Je respire. Tranquille.
Jusqu'ici, tout va bien...
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