Partager l'article ! Ma Cocotte en a plein les bottes : 3.: Tard, le soir. Donc, mercredi. Comme beaucoup de mamans qui travaillent, j' ...
Tard, le soir.
Donc, mercredi. Comme beaucoup de mamans qui travaillent, j'ai jonglé entre les activités de mon fils, les rencarts avec celle qui emmène et celle qui ramène. L'annonce d'une séparation. Mon fils a deux meilleurs potes, l'un fils de divorcé mais jusque là, pas l'autre. Voilà, ça, c'est fait. Il semble qu'il ne doive vraiment pas y avoir de hasard.
Loulou est allé à la ludothèque. Il adore. Il est joueur. Il ramène chaque semaine un jeu différent. Parfois, sa grande soeur accepte de participer et nous passons de sacrés bons moments.
Sa grande soeur. En montant les escaliers pour rejoindre l'appartement, je sérénise mon esprit. Qu'elle ait ou non rangé sa chambre, aujourd'hui, ça n'a pas trop d'importance puisque j'ai pris ma décision.
Je suis fatiguée. Depuis jeudi dernier, je n'ai pas pu faire de sieste en rentrant du travail. La gastro de Marie, ce coq qui entre dans ma vie, la masse de travail énorme, et je sens que les enfants ont besoin de moi, là, maintenant.
Ma Douce a du vague à l'âme et au coeur. Elle s'intériorise un peu trop. Je lis dans ses dessins qu'elle laisse traîner un peu partout l'isolement, la réflexion et parfois la tristesse. Je vais lui proposer à nouveau de retourner voir le psy. Nous sommes à la date anniversaire de la mort de son meilleur ami, à quelques jours près. Novembre est difficile pour elle. Quant à Loulou, il me parle du seul coq que j'ai laissé entrer dans notre vie à trois. Ça s'était mal passé. Fini dans les cris. La brutalité. Culpabilisation de mon petit. Des phrases que ce coq n'aurait jamais dû prononcer comme de sous-entendre perfidement que l'obstacle entre nous était ma relation à mes enfants, en particulier avec Loulou.
Et quand bien même ?
Tout coq entrant dans ma basse-cour doit bien comprendre mon éthique : je n'ai pas sacrifié ma vie de femme à mes enfants mais je ne sacrifierai jamais mes enfants à ma vie de femme.
Je suis Ma Cocotte, Mère poule aimante par-dessus tout, Mère avant tout. Mon coq aura grand place dans ma basse-cour mais les poussins, les siens s'il en a comme les miens, passeront avant tout.
Ainsi je dis. Ainsi je suis. Ainsi je fais. Et toc !
Il n'y a que deux étages pour rejoindre l'appartement. Mon esprit est plus véloce que mes jambes... Oui, Loulou s'inquiète de l'arrivée de ce nouveau coq dans la basse-cour. Difficile d'en parler à mon pirate. Dès que je semble m'inquiéter pour quoi que ce soit, son petit cerveau de futur coq se met en mode « je protège maman » alors tout va bien. Je lui en parle quand même. Il ne pose jamais de questions, pas comme Ma Douce.
J'entre chez moi.
De suite, je vois la porte de la chambre de Ma Douce grande ouverte. Elle a donc rangé. Je me retiens d'y courir, de m'extasier, de sourire, de remercier, d'embrasser.
Ma Cocotte, cette grande fille de treize ans n'a rien fait d'extra-ordinaire. Respire, chérie, respire. C'est normal.
Alors je me conduis « normalement ».
Papotage... « Passé une bonne après-midi, ma douce ? »
Là, elle me balance le rangement de chambre. « Tu veux voir, M'man ? » « Pas tout de suite, je me pose, là... Je verrai plus tard... Je vais plutôt me faire un thé bien chaud avant d'aller chercher ton frère au basket. »
Déstabilisée. Désorientée.
« Bouge pas, je te chauffe l'eau. »
Je le sais que je n'ai pas d'autorité. Je le sais que l'attaque frontale c'est pas mon truc. Je le sais que je suis trop dans le dialogue.
Alors j'ai pris une décision. Je passe aux actes. Je dis, je suis, je fais. Et toc !
Tranquille mais explosée de fatigue, je suis allée chercher mon fils à 19 h., ramené son pote chez son papa... préparé à manger...
Tiens, les deux accourent. C'est à qui préparera la tarte au bacon tomates avec moi, mettra le couvert. Ma douce nettoie de suite les ustensiles.
Je me retiens de m'extasier, de sourire, de remercier, d'embrasser.
Ceci n'est pas une victoire. Ceci est une réaction naturelle face à une situation déstabilisante.
Maman n'a pas parlementé. Maman n'a pas disserté. Maman n'a pas proposé de deal. Maman n'a pas au final explosé.
Non, maman ne dit rien, n'en parle même pas. Maman fait.
Et quand vous allez revenir jeudi, mes pioupious, vous allez voir ce que vous allez voir.
La prise de conscience de Ma Douce n'est peut-être que temporaire comme toute les autres fois.
Quant à Loulou, mon sale gosse d'amour s'en moque comme de son premier short.
Ok, bonhomme. Rigole bien et profites-en car des deux, à mon avis, c'est toi qui va être scié !
Voilà, ils sont couchés. Je suis en retard pour le linge, je n'aurai pas tout fait pour demain midi. Tant pis. Je suis assez tolérante avec mon ex. il ne dira rien en retour. Il n'est pas si tard mais je suis vraiment fatiguée, physiquement fatiguée.
Alors je vais aller dormir, tout simplement.
Passage par la salle de bains. Serviettes de toilette tirebouchonnées au sol. Flacons débouchés. Peeling pas refermé. Grr... je range, j'enlève les cheveux. Je nettoie les brosses. Un coup de pshitt pshitt, un coup d'éponge. Y en a pour deux minutes. Là, honnêtement, je hurlerais bien encore un coup.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je mets le linge au sèche-linge.
Leur prise de conscience n'a pas été assez profonde, vu l'état de la salle de bain.
Lundi, je le fais.
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