Giotto, la fuite en Egypte : la réponse

Publié le par Ma Cocotte

 Illustration de l'ange. Détail.

 

Question : Marie et Joseph fuient Bethléem pour l'Égypte car Hérode 1er, roi de Judée, a ordonné qu'on tue Jésus. Les peintres ont souvent représenté cet épisode en plaçant Joseph derrière l'âne. Ici, c'est lui qui montre le chemin à l'animal. Mais qui montre le chemin à Joseph ?

Réponse. Un ange, que Giotto a représenté volant dans le ciel.

Une Année au musée. - Réunion des Musées nationaux ; Mango jeunesse, 1998.



Le tableau.


Le chemin est étroit et rocheux.

Les personnages se parlent. À gauche et à droite, quatre d'entre eux, deux de chaque côté, discutent. Leurs mouvements sont vivants. L'homme auréolé à droite est Joseph guidant le groupe.

Seuls deux personnages sont seuls, Marie qui tient l'enfant Jésus dans ses bras et l'Ange.

Marie, contrairement aux autres, est très droite sur l'âne. Cette droiture est comme un rempart pour protéger l'Enfant.

L'ange, lui, montre le chemin.


La composition de la fresque est axée autour d'une perspective centrale très marquée. Le personnage principal est bien Marie tenant l'Enfant. Au centre exactement, Jésus. Par l'importance sur la fresque de Marie, amplifiée par ce vêtement descendant très bas, Giotto fait de Marie l'écrin protecteur du plus précieux : l'enfant.

Les personnages secondaires sont « vivants », ils ont un rôle, ils ne sont pas là juste pour aider à décrypter la scène. L'attitude des trois personnes qui accompagnent Joseph, Marie & l'enfant est paisible. Ils devisent tranquillement, apparemment sans peur. Pourtant, à peine les Rois mages eurent-ils rendu hommage à Jésus, ils durent fuir sous les menaces de mort.

Ils savent qu'ils sont en paix, protégés par cet ange qui leur montre le chemin. Pourtant ce chemin est escarpé et la montagne semble si imposante sous la chaleur d'un soleil qu'on devine flamboyant tant la lumière est intense.

Ce n'est pas là une fuite désordonnée et ainsi l'on peut y lire, si on le souhaite, le calme et la sérénité que leur confère leur foi.


La luminosité, la grande clarté et l'aspect très humain des personnages me confortent dans cette idée.

Giotto transmet à ses peintures et son architecture une délicatesse inouïe et une grande humanité.

L'Ange est remarquable. Quand je regarde la stature de Marie, je vois l'art médiéval d' « avant » Giotto : attitudes roides, profils sérieux, peu de plis, peu d'ampleur, peu d'épaisseur. Quand, juste après, je regarge l'Ange, je vois la Renaissance en marche, je vois les futurs Botticelli, Bosch & Titien. Cet ange aux mains si délicates, au regard si humain est pour moi le symbole du renouveau artistique de l'époque, bien plus que le fait que Giotto ait peint un paysage au lieu de l'arrière-plan uni habituel.


Un jour, j'irai en Italie.

Je visiterai Florence, le musée des Offices. Ensuite cette Chapelle. Puis sans doute Ostie. Et Padoue. et... et l'Italie toute entière.

Un autre, j'irai aux Pays-Bas visiter le musée Vermeer.

Ah... Vermeer.

Je ne peux même pas en parler tant ses tableaux me scotchent...



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