Ma Cocotte regarde l'heure : il est 2 heures...

Publié le par Ma Cocotte

Ne dites pas, dites…

 

Peut-on dire à une femme :

 

« Pendant sept mois, pas un jour sans penser à toi. J’ai failli mille fois t’envoyer un texto, cent fois t’écrire une lettre, toujours déchirée au dernier moment, parce que je t’ai quitté deux fois, je ne m’en suis pas donné le droit. J’ai vu ta voiture partout, tout le temps… Parfois, faisant la queue, je m’arrêtais brusquement et je croyais te voir, mais ce n’était pas toi… »

 

Puis lui dire… « Tu attends trop de moi… »

 

Peut-on dire à une femme : « J’ai tant envie de toi… J’ai passé tant de temps allongé dans le noir à penser à toi. »

 

Puis lui dire : « J’ai beaucoup de sentiment pour toi, c’est tout. Beaucoup de sentiments. » et ne rien faire pour la revoir.

 

Peut-on dire à une femme : « Si tu savais le bien que ça me fait de t’entendre… si tu savais comme tu m’as manqué. Euphorie. Oui, euphorie. Je le sentais que tu n’allais pas bien, je le sentais… »

 

Puis lui dire : « tu m’idéalises trop. »

 

Peut-on dire à une femme : « Je suis entier, c’est tout ou rien… », tout lui prendre et ne rien lui donner, si ce n’est les mots, si ce n’est la voix.

 

Peut-on dire à une femme : « notre relation actuelle me comble » quand on ne lui donne rien, si ce n’est les mots, si ce n’est la voix…

 

Peut-on appeler une femme onze fois quand tout va bien et aucune quand elle en a besoin, et faire comme si tout allait bien…

 

Et dire que l’on est « comblé »…

 

Peut-on dire à une femme : « C’est que tu allais mal quand on s’est retrouvés… » et ainsi se dédouaner.

 

Peut-on faire souffrir une femme juste pour se sentir aimé… de loin, en toute sécurité ?

 

Il aurait fallu dire :

 

« Enfin, voyons, tu n’es plus une enfant. Crois-tu que j’allais mettre en danger ma vie ici, ma sécurité ? Nous avons partagé de bons moments mais tu as toujours su qu’entre nous, nul avenir ne serait jamais possible. Je ne suis qu’un homme. Ton amour m’a flatté, aidé, comblé. Oui. Mais tu en demandes trop. Je ne t’aime pas à hauteur de ton amour. J’aurais dû avoir le courage de ne jamais t’envoyer ce texto, la première fois, après t’avoir quittée. Je t’aime bien, tu sais, et oui, ton amour me fait tant plaisir. Auprès de toi je me sens aimé. C’est tentant pour un homme, il ne faut pas m’en vouloir. Tu donnes tant sans jamais rien demander, tu donnes sans dire ce que cela te coûte. Tu donnes trop, Ma Cocotte. Ça fait peur… »

 

ou bien…

 

« Je sais que tu es la seconde femme de ma vie et c’est pour ça que j’ai tant de mal à te quitter. Je sais que tu es celle que j’aime mais nous ne pourrons jamais rien construire ensemble, tu es trop loin. Alors je consolide ce que j’ai construit ici. J’achète une maison. Je ne peux pas t’avoir et j’en souffre. Te revoir, c’est au-dessus de mes forces. Je souffrirai trop après, alors que là, comme ça, au téléphone, c’est parfait, sans risques. Tu comprends ? je n’ai pas le courage… »

 

ou bien…

 

« J’ai peur qu’en te retrouvant, ce soit encore mieux qu’avant et que cela m’entraîne à l’irréparable. Alors je préfère te quitter… Je préfère être lâche et vivre sans amour. Je préfère renoncer. »

 

ou bien…

 

« Il faut être raisonnable : j’ai une famille, des responsabilités. Tu es mon rêve de liberté, mais tu n’es qu’un rêve… »

 

C’est ce que les hommes disent, souvent. C’est plus facile. Ou bien parfois, ils disent juste : "Je ne pourrai pas..." Ils relacent leurs chaussures et ils rentrent à la maison. Ca ne laisse pas de place pour le doute.

 

C’est mieux que les mensonges. C’est mieux que les phrases qui laissent entendre dire… C’est mieux que de donner l’espoir.

 

C’est mieux que de promettre, comme cette lettre, que jamais je ne recevrai.

C'est mieux que de souffler le chaud et le froid ou de jouer avec l'autre comme on joue avec une marionnette.

Ne dites pas : "Se revoir... Oui, je vais regarder mon planning, promis."
Dites : "C'est impossible. On ne se reverra jamais. C'est à prendre ou à laisser."

 

Bientôt, il me faudra trouver une autre muse.


Mais d’abord, je vais profiter de ces nuits d’insomnie pour romancer l’histoire, l’éloigner de moi, poser sur le papier tout ce qui se trouve encore dans mon cœur,

 

Faire de mon amour une cocotte en papier.

 

« Combien tu veux ?

- Dix !

- Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. Quelle couleur ?

- Noir.

- Noir ? Tu dois éteindre la lumière ! »

 

 

Publié dans Ma Cocotte

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Quichottine :0010: 08/05/2008 10:36

Bien sûr que tu vas y arriver, tu écris comme un écrivain, alors, je t'assure... tu te mets dans un fauteuil avec une plume d'oie et une robe de chambre et tu pourras être Voltaire, seulement si tu le veux !

Bisous, toi !

Ma Cocotte 08/05/2008 11:15


Lol !

Tu es un amour.

Quand j'écris, je revêts mon habit de Mémère Panzani : grosses chaussettes, pyj confo, et doudoune moletonée. La reine du Hot, moi je te le dis.

Après une bonne douche, j'écoute le silence et pousser l'herbe, je laisse mon esprit vagabonder et puis j'écris.

Voilà, Mémère Panzani, c'est déjà pas si mal. Voltaire, on verra plus tard.


Quichottine :0010: 08/05/2008 09:45

Les hommes ne savent pas le faire, alors, nous, nous devons traduire...

... parfois, on commet des erreurs, des contresens ou même des non-sens... Comme pour toute traduction il faudrait un bon dictionnaire !

... courage, fuyons !

Ma Cocotte 08/05/2008 09:51


Lol !!!

Je fuis ...

Je t'assure, j'ai combattu mais là, y a plus que ça à faire.

Oui.

Bizarrement, ça va. :)

C'est un peu dur de romancer leur histoire à ces deux-là mais bon, je vais y arriver !!!


CF 06/05/2008 20:42

Bonjour,
Est ce autobiographique??? (sans etre indiscrêt). C'est tellement bien écrit, tellement authentique, que çela parait retranscrire un vécu...

Ma Cocotte 06/05/2008 21:28


Alorssssss....

Acceptes-tu de lire ma réponse au précédent post ?

Quoi que l'on écrive, fiction ou documentaire, il y a toujours une part de soi dans nos écrits. Disons que c'est une histoire.

Est-ce que tu trouves mes nouvelles moins bien écrites ? *Rire*

Celle du mois de mai me fait froid dans le dos... brrr...