Mercredi 16 avril 2008

mercredi 16 avril 2008.

 

Avec Mon Yéti, on passe des heures au téléphone. Normal, des centaines de kilomètres nous séparent et une rencontre est en soi un rêve, vu la tonne d’empêchements et de complications qui nous entourent.

On papote.

Je ne sais plus comment j’en suis arrivée à lui parler de l’appel téléphonique que j’ai reçu hier soir. Ah si… ça me travaille. Ça me soucie. Enfin, bref.

Je lui résume l’appel de celle que j’appellerai Fleur bleue et de son mec, Pépère, par respect pour leur intimité. M’est avis que s’ils tombent ici par hasard, ils mettront 3 secondes 5 à se reconnaître. *rires*

 

Or donc, Fleur bleue m’appelle et passé les conventions habituelles, on aboutit au primordial : elle et Pépère. Bin ça va pas. Pépère ne lui accorderait pas l’attention ou les attentions qu’elle estime mériter « vu tout ce qu’elle fait pour lui » : en gros, Yéti résume : la maison bien tenue, les pieds sous la table, les papouilles, j’en passe et des meilleurs. Pépère s’affadit et s’individualise.

Avec ma légendaire délicatesse coutumière, je balance :

 

« Et au lit, chérie ? ça va ?

- [… *silence* …] Ah bin c’est bien toi de tout ramener au sexe…

- Pff… je ramène pas tout au sexe, voyons !!! L’amour, c’est pas que cérébral, mamours et calinoux : c’est aussi de la sueur, du corporel et donc… du sexe. C’est indissociable, non. ? Bon, j’en déduis qu’au lit… c’est pas le top.

- Bin non… pff… bientôt ce sera une fois par an, pour la Noël. Tu parles, je crois plus à saint Nicolas depuis longtemps.

- Mais tu fais le premier pas, parfois ?

- Bin si c’est pour me prendre une veste… tu ferais comment toi ?

- Vu que Pépère porte le costume et la cravate, je sais ce que je ferais... *Rire* Pas sûr que ça te plaise.

- Bin si, vas-y.

- Tu l’attrapes par la cravate et tu le traînes en souriant où tu veux, là où tu préfères, tu le désapes et roule carrosse. Euh… sans tomber dans le cliché, essaie de te fringuer en circonstance… je sais pas, va chez le coiffeur, trouve une idée originale…

- Bin dis donc… tu l’avais fait avec ton mari ? [Note : Fleur bleue ne sait pas pour Mon yéti, elle me croit célibataire endurcie. Mouarf. Et puis aussi elle croit que j’aime pas les sentiments, les mamours, les câlins. Mouarf.  Fleur bleue, quand tu vas lire ça, ne hurle pas, j’arrête pas de te le dire, mais tu m’écoutes pas… Et comme tu es en train de découvrir l’existence de Mon Yéti, par pitié, ne prie pas pour moi !!!! Ta piété me ravit mais j’en ai pas besoin. Merci chérie :D]

- Je te rappelle que nous avons divorcé, chérie.

- Mais quand même, on n’est pas des bêtes…

- Arrête, tu veux. Ça n’a rien à voir avec ça. Montre à Pépère à quel point tu l’aimes, chérie, mais concrètement, par des actes. Au final, ce ne sont pas les mots d’amour qui nous marquent, ce sont les actes d’amour, les preuves d’amour. Regarde, je t’ai toujours appelée « Chérie » et je t’ai jamais proposé la botte, il me semble ?

- Mouais, bon, je vais voir. »

 

Après, j’en ai pris pour mon grade. Jamais je ne trouverai un nouveau conjoint si je continue à être aussi cynique, aussi indépendante, aussi entière. Je resterai seule à vie parce que je ne suis pas sentimentale. Pfff…

J’ai rien dit parce qu’elle est dans le souci. Mais bon, quand même, ça m’a travaillé. Je n’ai pas l’impression d’être dure. Je dis ce que je pense, c’est tout.

 

Alors j’en parle à Mon Yéti. Et Mon Yéti m’explique la vie. Et qui c’est qui se liquéfie ? Bin c’est Ma Cocotte. J’en suis raide dingue, de ce Yéti. Il est mon idéal, mon inatteignable objectif, mon rêve à vie… Argh... Dire que je l’aime ? Je pourrais mais ce serait amoindrissant. C’est au-delà d’aimer, au-delà de tout…

 

Donc. L’image. Il me parle de mon image. De celle que je veux bien donner, ici. Je le laisse dire.

« Inaccessible, dure, indépendante, fermée. »

 

Yep. Exact.  20/20 pour Mon Yéti. Il est fort, hein ? Normal, c’est exactement l’image que je veux donner. Ici, c’est comme une petite ville. Ici, c’est là où vit mon ex belle famille. Ici c’est le berceau de mes enfants. Ici, rien. Ici, je suis la maman de mes petits, la femme qui bosse, que tout le monde connaît à cause de son métier mais qui ne reconnaît quasi personne. Ici, on me fout la paix et je fais tout pour.

 

Il me dit qu’à son avis les femmes qui réclament sans cesse la tendresse le font pour exister.

 

Waouh… Rude.

 

« Attends, Yéti, tu es en train de dire que si elles réclament ça c’est qu’elles sont mal dans leur peau donc, si moi je suis différente, c’est parce que je suis bien dans ma peau ?

- Bin oui, Ma cocotte, toi tu parles sans tabou, tu dis les choses. »

 

Je n’ai pas eu le temps de lui dire mais j’ai pensé qu’en effet, je trouve que je parle drôlement bien avec les mains.

 

Je n’ai pas eu le temps de lui dire à quel point je me sens accomplie, épanouie, heureuse quand je suis avec lui.

 

« En tant qu’homme, on a besoin aussi de tendresse, Ma Cocotte. Si on se fait une petite coupure au doigt, on va mourir mais c’est pour se faire dorloter. On veut des surprises, des marques, du concret qui prouve que vous pensez à nous.

- Vous vous féminisez, alors.

- En quelque sorte, oui, un peu. »

 

Je n’ai pas eu le temps de lui dire le nombre de fois où je suis obligée de renoncer à la surprise que je voudrais lui faire :

- lui envoyer un petit bambou par Interflora au boulot pour la saint Yéti (c’est bientôt) ;

- débarquer dans sa ville à l’improviste ;

- lui offrir les chaussettes super cool que j’ai trouvées l’autre jour ;

- lui envoyer ce trèfle à quatre feuilles que je n’ai fait pousser que pour lui ;

- lui dire que mes poèmes ne sont que pour lui ;

- lui dire qu’il n’y a pas un seul jour, une seule seconde où son double ne se trouve pas à mes côtés ;

- lui dire que le colibri que j’ai choisi comme tatouage, c’est parce qu’il aime les colibris (Euh aussi parce que Yéti for ever, c’est pas glamour).

 

Peux pas. Trop dangereux. Interdit. Mise en danger de mort de notre relation. Ne pas l’effrayer. Ne pas lui faire peur. Ne rien faire qui puisse nuire à Yéti.

 

Alors je me contente d’en rêver.

 

par Ma Cocotte publié dans : Mon Yéti aujourd'hui communauté : Chroniques du temps présent
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